Thrillers·Toutes les chroniques

Un souffle, une ombre – Christian Carayon

Il faisait particulièrement doux ce soir-là.
Nous étions en été, un samedi soir, la fête annuelle de la base nautique des Crozes avait battu son plein toute la journée.
Justine avait demandé à ses parents, également présents, de pouvoir passer la nuit avec sa cousine et deux copains de classe sur l’îlot des Bois-Obscurs, au centre du lac. Un camping entre pré-adultes. Une récompense pour le bon travail fourni toute l’année. Promis, ils seraient de retour le lendemain, à 10 heures au plus tard.
Le dimanche matin, les adolescents se font attendre. L’un des parents, de rage, parcourt la distance à la nage. Sur l’îlot il découvre l’étendue du massacre : les corps meurtris, outragés, dénudés.
Les familles des victimes, des accusés, la région, tous vont connaître le chaos et le déclin.
Ma vie d’enfant a basculé ce jour-là. Quelqu’un – quelque chose –, au visage indéfini, malveillant, a pris possession de mon imaginaire, de mon âme.
Vingt ans après le drame, l’occasion de dépasser ce traumatisme collectif s’offre à moi.
Je vais enfin pouvoir donner un visage à mes peurs.

Maison d’édition

Fleuve Editions

Appréciation personnelle

Malgré un résumé plutôt intéressant, je suis ressortie déçue de la lecture de ce roman.
Non pas que l’intrigue en elle-même soit mauvaise, au contraire. Le concept qu’un historien tente de faire toute la lumière sur les terribles événements qui ont bouleversé son enfance et la quiétude de son petit village afin d’exorciser les démons et la peur qui le poursuivent depuis est plutôt original et intéressant.

Cependant, je n’ai pas été séduite par la concrétisation.

En effet, je me suis ennuyée durant un peu plus de la moitié du livre.  Je n’ai pas du tout accroché à la personnalité de Marc-Edouard Peiresoles, personnage fataliste qui subit les événements plutôt qu’il n’y fait face et ce, dans tous les domaines de sa vie que ce soit à son travail où il a est constamment la cible des railleries de ses collègues ou dans sa vie sentimentale.  Vu qu’il est essentiellement question de lui dans les premières centaines de pages, le roman m’a semblé terriblement long et j’ai vraiment peiné à avancer en tenant de garder l’espoir qu’enfin quelque chose allait se passer et que l’histoire allait enfin rebondir.

Ma persévérance a finalement été récompensée lorsque notre historien décide enfin de prendre les choses en main, de sortir de sa réserve et débute enfin sa propre enquête.  Les fantômes du passé semblent le guider dans sa quête de la vérité au travers des divers témoignages qu’il recueille auprès des familles toujours endeuillées. Cependant, l’enquête de l’historien se passe trop bien. Tout s’enchaine trop facilement. Aucun suspense ne se dégage de cette enquête. Mis à part peut-être cette ombre suivant avec intérêt les avancées de Marc-Edouard et qui semble vouloir le dissuader d’aller jusqu’au bout.

Comme vous l’aurez compris, je suis plutôt mitigée concernant ce roman qui pourtant était prometteur. Je n’en garderai qu’une ombre de souvenir.

 

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