Thrillers·Toutes les chroniques

Lucifuges – Jean-Baptiste Ducournau

Quel est le lien entre une étrange prostituée péruvienne assassinée, un tueur à masque de chien armé d’une disqueuse qui signe ses crimes en décapitant des chats, une petite société high tech cotée dans un des trous noirs de la Bourse, un dentiste – ami d’enfance du commissaire en charge de l’enquête – dont le comportement se modifie entre chien et loup et qui disparaît à la nuit tombée, des amateurs de sensations fortes qui sillonnent les catacombes? C’est ce qu’Augustin Cornélius (adepte forcené de la pêche au sandre dans la Seine) et ses deux adjoints, Clara Demaistre ( collectionneuse de boules à neige), et Jean-Christophe Pereira (fan absolu de rétrogaming) vont devoir découvrir.

Lucifuge: en zoologie, se dit des espèces fuyant la lumière?

Un polar enjoué, au rythme endiablé!

Jean-Baptiste Ducournau est le lauréat du Prix 2014 Nos Lecteurs ont du talent.

Maison d’édition
Chemin Vert Edtions

Appréciation personnelle

Je remercie les éditions du Chemin Vert pour la découverte de Lucifuges, premier roman de Jean-Baptiste Ducournau, auteur plus que prometteur et lauréat du prix « nos lecteurs ont du talent 2014 ».

La lecture de Lucifuges m’a cependant laissé un sentiment plutôt mitigé.

Etant amatrice de thrillers, l’intrigue proposée par l’auteur me semblait très prometteuse et mes attentes sur ce point ont été comblées.

En effet, un tueur à masque de chien qui sème la terreur en plein cœur de Paris armé d’une disqueuse et qui signe ses méfaits en ornant la scène de ses crimes de têtes de chats fraichement décapitées, cela a le mérite d’être original (amoureux des matous s’abstenir). Jean-Baptiste Ducournau entraine le lecteur aux confins de l’horreur de ces crimes qu’il détaille avec ce qu’il faut d’hémoglobine et de démembrement mais sans pour autant en faire des tonnes. Ceci contribue à l’atmosphère pesante et malsaine qui s’installe peu à peu au fur et à mesure de la lecture.

Heureusement pour les plus sensibles, l’humour grinçant et déconcertant dont l’auteur a doté les principaux protagonistes que sont le commissaire Cornelius féru de pèche et ses acolytes l’inspecteur Pereira, fana d’anciens jeux vidéo à ses heures (même celles de bureau) et la belle Clara au style bohème, malchanceuse en amour mais loin d’être une frêle jeune femme apporte une bouffée d’oxygène bien nécessaire au vue de l’enquête que ceux-ci vont devoir résoudre. On ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine sympathie pour ce trio rock‘n’roll dont les membres sont soudés les uns les autres et qui n’hésiteraient pas à mettre leur vie en jeu pour venir à la rescousse d’un collègue en difficulté.

Bien qu’il soit toujours plaisant de constater qu’un auteur se soit documenté à propos des sujets développés dans son roman, le trop est parfois l’ennemi du bien.

En effet, le répit offert par les séances de pêche que le commissaire Cornelius s’octroie afin de faire le point et de réfléchir à l’affaire en cours pour tenter de déceler l’élément qui fera basculer le cours de l’enquête est plus que bienvenu. Mais la foule de détails concernant la faune peuplant la Senne ainsi que sur les divers hameçons, leurres et autres techniques de lancer de ligne ont tôt fait de perdre l’attention du lecteur à tel point qu’il m’est arrivé de devoir revenir en arrière afin de me remémorer les faits qui se sont déroulés avant ces interludes bucoliques.

Et il en va de même lorsque l’auteur aborde le monde de la finance, des entreprises et des placements boursiers. Certains passages du roman, notamment lors de la visite des enquêteurs au siège d’une société de sécurité ont quasiment revêtus des allures de revue financière ce qui m’a une nouvelle fois fait perdre le fil de l’enquête.

A cause de cette multitude de détails, au moment du dénouement, certaines questions que je me suis posées lors de ma lecture sont restées non élucidées. Quel était finalement le mobile? Pourquoi s’en est-il pris à un groupe de personnes n’ayant de prime abord aucun point commun et qui pourtant ont été la cible du dépeceur fou?

Ces éléments conjugués au style assez lourd de l’auteur adepte de longues phrases ont rendu la lecture de ce thrilleur plutôt fastidieuse.

En conclusion, Lucifuges est un roman dont les points forts sont incontestablement l’intrigue ainsi que les personnages. Malheureusement, la foule de détails et le style de l’auteur font perdre le fil de l’histoire au lecteur.

Cependant malgré les petites faiblesses de ce premier roman, Jean-Baptiste Ducournau est certainement un jeune auteur à suivre.

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