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Les Chroniques d’Oakwood: Dans l’ombre de la Demoiselle – Marianne Stern

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.
Lorsque la nuit tombe, les ombres s’étirent et drapent le hameau d’un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d’épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l’obscurité ; mieux vaut ne pas s’attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d’une bâtisse.

Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises… Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d’une lanterne au détour d’une tombe, d’autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s’accordent à dire qu’il ne se trame rien d’anormal.Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L’un en quête de l’être aimé, l’autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l’ombre, la demoiselle d’Oakwood veille...

Maison d’édition
Les Editions du Chat Noir

Appréciation personnelle
Bienvenue à Oakwood, petite bourgade du XVI siècle, perdue au cœur de la campagne et bordée d’un sinistre bois.

La vie des habitants de ce petit village aux paisibles apparences est le théâtre de réguliers procès de jeunes filles accusées à tort ou à raison de sorcellerie. Les plus chanceuses s’en sortiront avec la langue coupée, quant aux autres, elles périront sur le bûcher comme il en était coutume à l’époque.

Quant aux autres sorciers, pilleurs ou assassins, c’est la pendaison qui les attend.

Les superstitions étant à l’époque très vivaces, il est hors de question que le corps (ou ce qu’il en reste) de ces gens fort peu recommandables soit enseveli aux côtés des honnêtes citoyens. Ceux-ci sont donc sommairement enterrés dans la partie dite maudite du cimetière.

Mais à la nuit tombée, ce lieu sinistre est la proie de phénomènes bien étranges.

Qui est donc cette jeune demoiselle toute de noir vêtue qui arpente les allées brumeuses de la partie maudite du cimetière et veille sur « les maudits »?

Marianne Stern propose ici un récit sombre à souhait articulé autour de neuf histoires relatant la vie et le trépas d’habitants d’Oakwood couvrant une période de neuf années.
Ces lugubres nouvelles allant de l’histoire d’amour à l’histoire de vengeance en passant par la chasse aux sorcières ne se suivant pas dans un ordre chronologique, le lecteur se retrouve sans cesse projeté du présent au passé et inversement.
Cependant à aucun moment on ne se retrouve perdu dans l’enchaînement des événements car chacun des protagonistes de ces histoires est lié de près ou de loin au fil conducteur de l’intrigue qui n’est autre que cette étrange Demoiselle.

L’auteur a également apporté un soin tout particulier aux détails concernant les lieux et les divers personnages décrits dans les textes afin d’instiller au lecteur un lancinant sentiment d’angoisse, de détresse mais également parfois d’impuissance.
Marianne Stern met en effet l’accent sur la tristesse qui émane d’Oakwood dont le soleil semble avoir oublié l’existence, l’effroi qu’inspirent certains habitants du village dévoilant leur vrai visage lorsque la nuit prend possession des rues du village. La détresse des hommes et femmes jugés à tort mais n’échappant hélas pas à leur funeste sort. La noirceur habitant les villageois lors des procès de sorcellerie et leur jubilation malsaine lors des exécutions. Et finalement la compassion ressentie par la Demoiselle pour les pauvres âmes damnées qu’elle accueille et tente de réconforter.

Tous ces divers sentiments ressentis ainsi que l’envoûtante noirceur de la plume de Marianne Stern happent le lecteur et ne le délivrent qu’une fois la dernière page tournée.

Si vous aussi vous êtes friands de lugubres récits de sorcellerie et de cimetières hantés sur fond d’Inquisition, n’hésitez pas à découvrir les funestes Chroniques d’Oakwood dans l’ombre de sa Demoiselle.

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