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La Niña Blanca – Christophe Semon

Même dans le milieu ultra-violent et sans pitié des cartels mexicains, on a peur de la Santa Muerte. Alors quand des barons de la drogue se font assassiner sauvagement et sans explication, la rumeur se répand comme une traînée de poudre : la Niña Blanca rôde…

Maison d’édition
House Made of Dawn

Appréciation personnelle
Je remercie les éditions House Made of Dawn pour ce partenariat proposé via le forum « Au cœur de l’imaginarium ».

Qui ou qu’est-ce que la Nina Blanca, cette femme ou chose dont Christophe Semon a fait le personnage principal de sa nouvelle ? Selon la légende, La Nina Blanca, ou encore Santa Muerte, est une divinité féminine, souvent représentée par un squelette, vénérée dans le folklore mexicain ainsi qu’en Amérique Latine. Elle personnifie la mort, est également associée à la guérison et à la protection et assure un passage sans encombre vers l’au-delà à ses fidèles. Pas étonnant que chacun se signe à la mention de cet être funeste de peur d’attirer le mauvais œil.

Mais dans cet ouvrage sur fond de croyance macabre, La Blanche dame se serait-elle réincarnée en une ombre planant telle l’épée de Damoclès au-dessus des membres des cartels mexicains ?

C’est ce que l’auteur, va habilement nous faire découvrir dans ce court thriller.

Cette nouvelle s’articule en divers chapitres, chacun centré autour d’un personnage lié de près ou de loin à un cartel. Le point commun de ces protagonistes, hormis leurs fréquentations douteuses ? Ils ont tous rencontré la funeste Nina Blanca. J’ai beaucoup aimé cette manière de présenter l’intrigue. En quelques phrases ponctuées de ce qu’il faut de détails, l’auteur présente le personnage en évoquant brièvement son histoire passée et présente, ce qui éclaire le lecteur en ce qui concerne ses rapports avec les cartels. Il dévoile également suffisamment d’informations afin que le lecteur puisse se faire une idée du caractère, bien souvent fougueux, qui colle parfaitement à l’image d’homme coriace que l’on se fait d’un membre de gang mafieux, pour finalement en arriver à leur mort tragique par la main de La Nina Blanca. Les chapitres peuvent être vus comme une courte biographie de chacun des protagonistes.

Vu le milieu dans lequel se déroule l’histoire, la violence et la vengeance dominent ce récit. On pourrait donc s’attendre à une histoire sanglante, pleine de passages peu ragoutants. Ce n’est pas le cas et c’est ce que j’ai également apprécié. Certes, l’histoire débute sur une série de décapitations et les meurtres sont exécutés par arme à feu à bout portant mais l’auteur ne s’embarrasse pas de détails gores sur l’état des cadavres.

Christophe Semont a également fait preuve d’originalité dans le dénouement de l’intrigue. Je n’en dévoilerai pas plus pour ne pas spoiler mais sachez que tout s’imbrique, que les personnages s’avèrent être liés les uns aux autres d’une manière que même eux ignoraient. Ils pensaient être les maîtres de leur ville, des durs à cuire que tout le monde redoute. Finalement, tel est pris qui croyait prendre.

Bref, un bon mini thriller qui ravira les amateurs du genre.

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