Littérature générale·Toutes les chroniques

A la merci des rois – Penny Watson Webb

À la mort de Clovis en 511, le royaume franc est divisé. Clotaire, l’un de ses descendants, n’a qu’une ambition : évincer tous ceux qui auraient l’affront de croiser son chemin vers la couronne.

En Austrasie, terres nées du partage entre les fils de Clovis, un bâtard royal orphelin, Ubald, reçoit l’éducation d’un prince et s’engage aux côtés de Clotaire. Mais sa loyauté envers lui sera mise à rude épreuve.

Ubald croisera la route de la belle et courageuse Adélaïde, fille idéaliste et sensible qui grandira protégée derrière les murs du couvent de Poitiers, premier monastère pour femmes, fondé par la reine Radegonde, touchant là les prémices du monachisme féminin et où la religion chrétienne peine à imposer les valeurs morales aux Francs de tradition germanique et païenne.

Plongée au cœur d’un machiavélique complot visant à détrôner le roi légitime pour son fils Chramne, la pauvre Adélaïde deviendra traîtresse à son royaume et punie de mort… Mais Clotaire choisit d’envoyer Ubald contre le prince félon. Dès lors, il sera déchiré entre ses sentiments et la loyauté à son roi.

Ubald devra choisir entre amour et fierté, Adélaïde entre amour et liberté. Pour survivre ensemble ils devront apprendre à marcher dans les pas de l’autre, à abandonner toutes leurs certitudes, sans jugements, ni faux-semblants

Maison d’édition VFB Editions
VFB Editions

Appréciation personnelle

Dans ce roman, Penny Watson Webb nous fait remonter le temps jusqu’à l’ère des Francs, plus précisément sous le règne de Clotaire, fils de Clovis, roi avide de pouvoir et sans merci.

Bien qu’elle nous précise en début de roman qu’elle s’est permise quelques libertés quant au véritable contexte historique, Penny nous guide habilement au cœur de cette époque moyenâgeuse où les guerres territoriales font rages, ou les peuples vaincus sont réduits en esclavage dans le meilleur des cas, ou  exécuté publiquement dans le pire.

L’auteure nous explique également de façon détaillée et claire les divers partages de territoire entre les héritiers du trône franc ainsi que leurs divers degrés de parenté, informations illustrées et confirmées par un arbre généalogique très pratique proposé en début de récit.

C’est dans ce contexte historique fort peu plaisant, que Penny Watson Webb lie le lecteur à la destinée de deux attachants personnages que sont Ubalt, prince bâtard dont la vie sera régie par les souverains à qui il prêtera allégeance et Adélaïde, fille du Comte d’Orléans dont le destin basculera irrémédiablement à la suite de la trahison de son père envers son souverain. La romance naissante entre ces deux protagonistes sera mise à rude épreuve. Ubalt, capitaine de la garde de Clotaire, se retrouve partagé entre son devoir envers Clotaire et les sentiments qu’il éprouve à l’égard d’Adélaïde qu’il protègera tant qu’il le peu du funeste destin que lui prédestine le souverain.

Adélaïde, jeune femme issue de la noblesse au caractère rebelle et borné tentera quant à elle bien maladroitement de redresser le tort dont elle est victime et donnera bien du fil à retordre à Ubalt dont elle se méprendra à moult reprises sur les véritables intentions se cachant derrière les  actes de ce dernier.

Pour Adélaïde et Ubalt, le titre  de ce roman « A la merci des rois » prend tout son sens car Clotaire détient plus que jamais leur destinée entre ses mains. Les deux amants ne sont que des pions que le souverain déplace à sa guise sur l’échiquier des complots politiques afin de servir ses desseins.

Complots, fatalité, chagrin, amour, amitié et traitrise rythment la lecture de ce roman historique de sorte que le lecteur passe de l’espoir à la déception et du rire aux larmes.

Ce fut un réel plaisir de retrouver la plume poétique, douce et féminine de Penny Watson Webb que j’avais eu l’occasion de découvrir et d’apprécier lors de la lecture d’Arianrhod, le cœur d’une femme païenne qui m’avait déjà énormément charmé.

Et le charme a à nouveau opéré avec ce roman qui m’a totalement conquise et qui est un véritable coup de cœur.

Je remercie les éditions VFB pour cette découverte ainsi que Penny Watson Webb de nous avoir à nouveau ouvert les portes de son univers.

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