Fantasy·Toutes les chroniques

Fille des deux rives – Ophélie Bruneau

Il y a quelques jours, Bodmaëlle Galliep était une jeune exorciste brillante, promise à un bel avenir.

Aujourd’hui, à cause d’un imbécile à moitié ivre, elle grelotte dans les geôles de sa propre inquisition, accusée d’hérésie.
Elle, dont la foi a toujours guidé les pas, traitée comme le dernier des mécréants !

Maison d’édition
Mythologica

Appréciation personnelle

J’ai eu l’occasion de découvrir ce livre dans le cadre d’un partenariat proposé par les éditions Mythologica via Louve du forum Mort-Sure et je les en remercie.

Hélas, je n’ai que moyennement apprécié « Fille des deux rives » d’Ophélie Bruneau.

A la lecture du résumé, je m’attendais à une histoire palpitante dans laquelle Bodmaëlle se démènerait sans relâche afin de prouver son innocence.

Au lieu de cela, nous suivons une héroïne fataliste qui subit les événements plus qu’elle ne les combat. Il est vrai que son éducation ainsi que son apprentissage pour devenir un prêtre exorciste ne l’ont pas muni des ressources nécessaires afin de pouvoir faire face à une accusation d’hérésie dont ses pairs n’ont aucun doute sur sa culpabilité. Il n’est certes pas aisé non plus que voir ses certitudes s’effondrer et remises en question et de découvrir par un malheureux concours de circonstances que l’on n’est pas ce que l’on pensait être. A mon sens, le personnage de Bodmaëlle aurait été plus intéressant si tous ces éléments auraient fait naître en elle un sentiment de combativité au lieu d’apitoiement voir de résignation.

Je pensais également suivre une intrigue passionnante, pleine de rebondissements qui me ferait voyager au cœur de deux mondes dont l’un serait régi par l’Eglise et l’autre par des pouvoirs et êtres plus obscures.

Une nouvelle fois, ce fut une déception. Le seul moment palpitant fut l’évasion de Bodmaëlle des geôles du clergé qui fut rendue possible par la magie du sorcier Murello, personnage fougueux à l’humour pince sans rire, qui deviendra son compagnon de fuite. Durant le reste du récit, nous suivons les deux protagonistes à la recherche de la vérité sur la nature peu commune de Bodmaëlle. Hélas, il ne se passe rien. Ni quand Bodmaëlle retourne dans la maison de son enfance pour parler à sa mère, ni lorsque celle-ci fuit sa patrie pour s’exiler vers une terre où les ecclésiastiques de la Sainte Sagesse ne pourront l’atteindre.

A aucun moment on ne ressent de danger ou de crainte pour la jeune exorciste. Même lorsque celle-ci se retrouve de l’autre côté du miroir, au pays du malin. Tous les éléments se goupillent trop facilement, tout lui réussit, aucun obstacle ne se dresse sur sa route ce qui rend la lecture ennuyeuse. Et en ce qui concerne le dénouement, il est des plus classiques et prévisibles.

Je regrette également de ne pas en avoir appris davantage sur l’Alter-Monde, ce monde parallèle considéré comme l’Enfer pour la Sainte Sagesse et un puits d’énergie pour les mages.

L’intrigue proposée n’est certainement pas le point fort de ce roman.

Par contre, l’univers dans lequel évoluent les personnages est d’une grande qualité.

En effet, Ophélie Bruneau prend le temps tout d’abord d’expliquer le fonctionnement de son monde régi par deux croyances opposées.

D’un côté, la Sainte Sagesse que l’on pourrait comparer à l’Eglise catholique telle que nous la connaissons. Les Sapientistes, adeptes de cette religion croient en l’élévation des âmes. Cette croyance est surtout répandue en Soviaron, le pays où Bodmaëlle a grandi.
Et de l’autre, les sorciers, maîtres de la magie qui par le biais d’une substance appelée l’alter-essence, substance bien entendu prohibée par les Sapientistes, ont recours pour puiser l’énergie nécessaire à leur sorts. Les mages vivent quant à eux pour la plupart en Lorusie.

Il existe également des contrées où tout un chacun est libre de vivre selon le culte qu’il choisit. Notamment la ville de Beldoroz en Menonde où Bodmaëlle se réfugiera pour échapper à la Sainte Sagesse.
La fluidité du style simple, mais très plaisant de l’auteur, qui prend le temps de décrire avec ce qu’il faut de détails les divers lieux visités par Bodmaëlle et Murello, facilite l’immersion dans ce monde aux allures moyenâgeuses.

En conclusion, je dirai que Fille des deux rives est un roman frustrant car bien que l’univers soit intéressant, riche et très plaisant, la platitude de l’intrigue ne captive pas l’attention du lecteur qui vagabonde déjà vers les prochains mondes et romans en attente de découverte.

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